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Gestion des Risques Agricoles : le Gouvernement du Niger prépare un programme d’atténuation des risques de marché

10.11.2022

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La Plateforme pour la gestion des risques agricoles (PARM), à travers le Haut-Commissariat 3N (HC3N), accompagne le gouvernement du Niger dans l’élaboration d’un programme d’investissement bancable pour l’atténuation des risques de marché au Niger en appui aux petits producteurs agricoles, à travers le développement des outils adaptés de stockage collectif et de contractualisation/partenariat avec les acteurs en aval du marché

L’aide-mémoire reprenant les grandes lignes de ce projet a été signé le 4 novembre 2022 à Niamey, par le Haut-Commissaire/Ministre du HC3N, M. Ali Bety et l’Expert technique de la PARM, M. Jean-Claude Bidogeza.

Un projet pour appuyer la stratégie 3N au Niger

Le projet d’atténuation des risques de marché au Niger, en cours d’élaboration, s’inscrit dans l’objectif spécifique de la stratégie 3N (Les Nigériens Nourrissent les Nigériens) visant le renforcement des capacités nationales de productions alimentaires, d’approvisionnement et de résilience face aux crises alimentaires et aux catastrophes naturelles.

Le Niger est un pays dont l’économie repose essentiellement sur le secteur rural, notamment l’agriculture, l’élevage et la pêche, qui demeurent extrêmement vulnérables aux aléas naturels particulièrement climatiques. C’est un secteur qui emploie plus de 80% de la population active et Il contribue à environ 37,7% du Produit Intérieur Brut (PIB) en 2020 (Plan d’Action 2021-2025 de l’Initiative 3N_Edition 2021). Les faibles niveaux de productivité du secteur agricole sont souvent liés en partie à une capacité limitée à comprendre, évaluer, hiérarchiser et gérer les risques auxquels font face les différents sous-secteurs de l’Agriculture.

C’est dans ce cadre que le gouvernement nigérien,   représenté par HC3N, avait demandé à la PARM, en 2015,  de réaliser une étude complémentaire, sur la base d’une approche holistique, visant à compléter l’étude de la Banque mondiale et à approfondir trois domaines importants pour permettre aux petits producteurs de mieux gérer les risques agricoles: l’accès aux services financiers, l’accès aux marchés et l’accès à l’information. Cette étude (réalisée par l’IRAM) a été validée en juin 2016 et a conduit à l’identification par la PARM, avec le NEPAD et le HC3N, de deux outils primordiaux à développer au Niger, que sont le warrantage et les contrats à termes connectés à la stratégie sur les crises alimentaires.

Cette étape a été suivie par la réalisation de deux études de faisabilité financées par la PARM, l’une portant sur les systèmes d’information et l’autre sur le warrantage et les contrats à terme. La dernière étude a conclu sur l’intérêt à redynamiser, sur des bases plus pérennes, le warrantage, à développer des méthodes de contractualisation à terme entre producteurs et acheteurs institutionnels, et à mieux articuler les politiques de distribution ou de vente à prix réduits de produits vivriers en milieu rural, afin d’éviter de créer des distorsions préjudiciables aux opérations de warrantage.

Les résultats de ces études ont conduit la PARM à appuyer le gouvernement nigérien dans l’élaboration d’un programme d’atténuation des risques de marché dans une approche inclusive et participative avec des partenaires publics, privés, techniques et financiers, la société civile ainsi qu’un comité technique interministériel dédié au ficelage du projet. L’aide-mémoire établissant la base du projet met en exergue 3 composantes à savoir (i) le développement du stockage collectif à vocation commerciale, (ii) l’appui.

à la contractualisation entre les organisations des producteurs et les acheteurs institutionnels et privés, ainsi que (iii) la création d’une unité de gestion du projet. Le projet prévoit également plusieurs activités de renforcement des capacités pour les organisations des producteurs et d’autres acteurs, et assurera la promotion de l’entreprenariat féminin et des jeunes.

Capitalisation de l’expertise nationale

Plus de 50 participants provenant des structures étatiques, des partenaires techniques et financiers, du secteur privé, de la société civile et des organisations des producteurs ont pris part à l’atelier de co-création et de co-vision de ce projet organisé le 1er novembre à Niamey dans le but de capitaliser les connaissances et expertises locales des institutions invitées et amener le contenu du projet plus proche de la réalité. Cet atelier a été suivi par un autre atelier de consultation technique tenu le 02 novembre, au cours duquel le comité technique interministériel mise en place par le gouvernement, a approuvé les grandes lignes de ce projet.

Pour appuyer ce processus qui se veut inclusif et participatif, des équipes de la PARM ont rencontré les principales parties prenantes dans le pays en vue de discuter de la note conceptuelle du projet, collecter des données pertinentes par le biais d’entretiens et de réunions avec des informateurs clés afin de développer et d’améliorer la qualité du contenu du document du projet, d’en assurer l’appropriation et l’engagement des principales parties prenantes dans le processus de conception, et de renforcer la stratégie de mobilisation des ressources en suscitant l’intérêt des Partenaires techniques et financiers.

Les prochains mois seront dédiés à la rédaction détaillée du document du projet, dont le coût à titre indicatif s’évalue à l’ordre de 50 à 100 millions de dollars américains.

Voici le reportage sur l’atelier de co-vision et co-création organisé par la PARM en collaboration avec le HC3N: https://bit.ly/3Ei7NT6